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vendredi 20 mai 2011

[HUMEUR] Dieu, l’Univers et moi : réflexions en vrac sur l’athéisme, l’infini, le fatalisme et la perception du réel


Bigre, vous êtes encore là après un titre aussi prétentieux ?

Athéisme

Durant mes premières années d’université, j’ai eu l’insigne honneur de suivre quelques cours d’histoire moderne professés par Sa Très Haute Magnificence l’Abbé Hersquin (je ne suis plus vraiment certain de l’orthographe de son nom, ni de son titre d’ailleurs). Le gaillard n’était pas du tout de ma couleur politique mais qu’importe après tout : c’était un excellent orateur et un très bon professeur.

Le Sieur Hersquin aimait marquer son auditoire en utilisant des phrases chocs. L’une d’entre elles ressemblait à ceci : le discours de l’athée, Mesdames-z-é-Messieurs, en énonçant sa certitude de la non-existence d’un dieu, rejoint en certains points la foi du théiste. Ce n’est certes pas sa phrase exacte (sauf, sans doute, pour le "Mesdames-z-é-Messieurs") mais je pense – en tout cas j’espère – ne pas avoir déformé le fond de Sa Sérénissime Parole.

Je me suis dit que quelque chose clochait dans son discours. Je me considère comme athée depuis... euh... la nuit des temps ? En tout cas depuis que j’ai commencé à réfléchir à la question (6-7 ans, je dirais, au pif) et je ne me suis jamais retrouvé dans sa définition. Pour moi, l’athéisme n’est pas tant la certitude de la non-existence d’un dieu que le refus de laisser une quelconque place – même infime – dans mon existence à un pareil concept métaphysique. Oui, ça n’a l’air de rien comme ça, mais ça fait une sacrée différence !

Il faut également mentionner que je n’ai jamais reçu d’éducation religieuse, ma famille proche étant elle-même très majoritairement athée. "Mon" athéisme n'est donc pas la négation virulente d'un dieu auquel on m'aurait "forcé" de croire (1) et est sans doute très différent de l'athéisme militant d'un adulte qui réfute l'éducation religieuse qu'il a reçue étant enfant.

Au-delà de l’éducation, je me suis souvent demandé ce qui faisait de moi un athée et j’ai forcément trouvé, dans mes lectures et au travers d'une réflexion personnelle, une kyrielle de réponses. On peut par exemple chercher du côté de l’anti-autoritarisme (j’ai du mal avec l’autorité et je déteste sincèrement toute forme de paternalisme : je ne peux donc concevoir qu’un hypothétique dieu, via une quelconque religion, fasse de l’ingérence dans ma vie par des lois restreignant inutilement mes libertés), de la remise en contexte historique (les raisons politiques, morales et sociales derrière toute croyance métaphysique, d’hier comme d’aujourd’hui, sont souvent par trop visibles : cela me fait énormément relativiser le caractère a priori absolu de nombreuses divinités) ou encore du rationalisme critique (ma – néanmoins adorable – collègue de bureau homéopathe m’appelle parfois "monsieur le positiviste" ou encore "le scientiste", ce que je prends pour un compliment, même si elle ne le dit pas toujours dans ce sens).

Il y a par ailleurs un concept que j’adore ruminer la nuit quand je n’arrive pas à dormir : celui de l’argument de la cause première. C’est un des arguments utilisés notamment par les tenants de la religion chrétienne, faisant remonter l’histoire de la vie et de l’univers (et du reste) à une cause unique et primordiale, qui serait Dieu. John Stuart Mill, dans son Autobiography (1873), démontra le paradoxe de l’argument de la cause première, en citant une réflexion de son père : "(...) the question Who made me? cannot be answered, because we have no experience or authentic information from which to answer it; and that any answer only throws the difficulty a step further back, since the question immediately presents itself, Who made God?" (2) 

Autrement dit : l’idée d’un dieu comme origine du monde ne fait que repousser d’un cran la question des origines : si dieu m’a créé, alors qui a créé dieu ? Certains diront que notre univers est trop hiérarchisé, trop "réfléchi" pour se passer d’un architecte initial doté d’une pensée consciente créatrice. Mais ça ne résout rien du tout car, à partir du moment où cette hypothèse est acceptée, une nouvelle question nous force à nous demander quelle est l’origine de cette "première" pensée consciente, et ainsi de suite...

Cette réflexion sur la cause de la cause (de la cause (de la cause (etc.))) m’obsède depuis des lustres car elle constitue une boucle infinie qui me fait prendre horriblement conscience des limites de toute perception humaine. En résumé : il est impossible de jouer avec l’infini sans se griller les neurones à un moment donné.

Infinité

Je me souviens d’ailleurs d’une discussion, il y a quelques mois à mon boulot, sur l’infini. Je ne sais plus pourquoi on en est venu à parler de ça (la plupart du temps, mes collègues parlent de leurs enfants, de leur mère psychopathe, de théâtre, de mignons petits chats, de morts stupides ou encore de leur sainte adoration pour les concombres).

Je me rappelle avoir dit un truc du genre : "si l’univers est réellement infini dans le temps comme dans l’espace, il y doit y avoir une infinité de tout : une infinité de moi, une infinité de nous, une infinité de situations exactement identiques à celle que nous vivons en ce moment, avec les mêmes gens, ayant le même physique (au grain de beauté sur la fesse gauche près), le même cerveau, les mêmes pensées. Il doit également y avoir une infinité de situations presque identiques mais pas vraiment identiques. En outre, si nous sommes dans un monde infini, plus rien n’est original, tout a déjà été fait. Tout a déjà été dit. Et une infinité de fois en plus, bordel de merde !"

La plupart de mes collègues (sauf une) n’étaient globalement pas d’accord (et refusent toujours, je pense, d’être d’accord) avec pareil argument, arguant que même si l’univers était infini, il serait impossible d’atteindre une précision telle qu’une même situation arrive ne fût-ce que deux fois.

Leur raisonnement réside à mon avis dans une incompréhension de ce que recouvre exactement la notion d’infini. C’est quelque chose qui touche à l’absolu et qui est difficilement imaginable pour nos petits cerveaux humains (déjà rien que l’immensité de l’univers est difficilement appréhendable, alors l’infini, hein...). Si l’univers est réellement infini, tout ce qui est possible de s’y dérouler s’est déjà déroulé et se déroulera encore, non pas deux fois, trois fois, mais une infinité de fois : tout a déjà été fait, énoncé, pensé et vécu. Enfin, pour être exact, en termes probabilistes, on dira subtilement que dans pareil cas, tout a presque sûrement (3) déjà été énoncé, pensé et vécu.

Dans un univers infini, il y aurait une infinité de femmes de ma vie (aaaaah !), mais il y aurait aussi une infinité de déception (oh ?) et une infinité de grenouilles (ah !).

Mais qu’est-ce que je raconte ?

Ce n’est évidemment pas moi qui ai inventé cette pensée. Il s’agit d’une vieille réflexion actuellement connue sous le nom de paradoxe du singe savant (ou théorème du singe infini). L’idée est la suivante : un singe tapant durant un temps infini des lettres au hasard sur une machine à écrire pourra presque sûrement écrire exactement un texte donné. Le texte fréquemment cité en exemple est Hamlet de Shakespeare mais ça peut être grosso modo n’importe quoi, de n’importe quel ordre de grandeur, comme l’intégrale des Rougon-Macquart, une bibliothèque entière ou même l’autobiographie illustrée de Horst Tappert si ça vous chante. En fait, quand on a l’infinité devant soi, peu importe la grandeur de ce que l’on veut écrire : la chose finira presque sûrement par être écrite. Le problème qui se posera face à une série infinie de lettres contenant toutes les combinaisons possibles sera d’un tout autre ordre : comment trouver une œuvre (autrement dit : comment trouver du sens) dans un bruit aussi "vaste" qu’une infinité de caractères ?

Le singe éternel est, bien sûr, une simple vue de l’esprit : il symbolise la création d’une suite de lettres de manière aléatoire. C’est d’ailleurs là une assez mauvaise représentation du hasard car un singe utilisant une machine à écrire ne tapera pas sur le clavier aléatoirement. Peut-être d’ailleurs ne fera-t-il rien d’autre que de manger sa banane ou de crier "Ooook" et "Eeeek" toute la journée et tant mieux pour lui ! Mais vu qu’il a l’éternité devant lui, il finira forcément – presque sûrement – par taper une suite infinie de lettres, non ? Des types ont tenté l’expérience avec un singe fini, mais ça n’a rien donné.

Ce théorème montre plus prosaïquement la difficulté de penser en termes d’infini.

Je ne vais plus vous ennuyer longtemps avec mes singes. Si vous voulez approfondir le sujet, vous pouvez toujours vous diriger vers l’article de Wikipédia, qui n’est pas mal foutu (l’édition anglophone est de meilleure qualité). Vous pouvez aussi lire La Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges, belle variation sur le thème, ou encore L’histoire sans fin de Michael Ende (mon tout premier "roman préféré", lu à l’âge de huit ans !), qui contient quelques chapitres en forme de réflexions sur l’infini. Le titre de l’ouvrage fait ainsi référence au chapitre du Vieillard de la Montagne Errante, qui consigne dans un livre l’histoire du roman au fur et à mesure qu’elle se déroule et qui se voit obliger de relire cette histoire, créant une dangereuse boucle infinie. Plus tard, lorsqu’un des héros du roman (Bastien), en compagnie du singe (!) Argax, rencontre d’anciens empereurs déments qui ont tout oublié du monde réel, ces derniers jouent au "jeu des probabilités" avec des gros dés contenant des lettres sur chacune de leurs faces : "quand on y joue très longtemps, à longueur d’années, il arrive parfois que des mots surgissent par hasard".

Déterminisme et fatalisme

D’autres réflexions m’ont parfois fait très mal à la tête, comme la question du fatalisme, une forme de déterminisme scientifique appliqué à l’être humain. Le concept possède quelques rapports avec ce qui a été dit précédemment (notamment la question de la causalité). Du coup, j’arrive in extremis à vous faire croire que cet article suit une direction bien précise (or, il n’en est rien). Si (si ?) j’étais entièrement fataliste, je dirais que je n’ai de toute façon pas eu d'autre choix que d’écrire cet article comme je l’ai écrit, au moment où je l’ai écrit, de la façon dont je l’ai écrit, à la virgule près.

Le fatalisme a notamment été très bien décrit par un athée du XVIIIe siècle que j’aime beaucoup (encore un lien avec le début de l’article !), le Baron d’Holbach, dans son Système de la nature (1770) :
"Homme faible et vain ! Tu prétends d'être libre ; hélas ! Ne vois-tu pas tous les fils qui t'enchaînent ? Ne vois-tu pas que ce sont des atomes qui te forment, que ce sont des atomes qui te meuvent, que ce sont des circonstances indépendantes de toi qui modifient ton être et qui règlent ton sort ? Dans une nature puissante qui t'environne, serais-tu donc le seul être qui pût résister à son pouvoir ? Crois-tu que tes faibles vœux la forceront de s'arrêter dans sa marche éternelle, ou de changer son cours ?"
Le fatalisme, c’est donc la négation qu’un être humain dispose d’un libre arbitre, même limité. Face à n’importe quelle situation ou interaction avec le monde, cet être humain réagira, pensera, s’activera forcément comme il doit réagir : il réagira comme un assemblage complexe de molécules. Toutes les occurrences passées (toutes les causes) l’entraîneront à faire ce qu’il fait à l’instant présent. L’univers visible (relativiste) est régi par le déterminisme. Pourquoi l’homme sortirait-il du cadre ?

Bon, ne manquerez-vous pas de me dire, la conception est très "mécanique classique" : elle s’applique à l’univers tel qu’on le concevait au XVIIIe et au XIXe siècle. Un univers où tout était explicable sur base de "mouvements d’horloge". La physique quantique, avec le fameux principe d’incertitude d’Heisenberg (impossibilité fondamentale de déterminer simultanément la vitesse et la position d’une particule), démolit en partie cette conception déterministe universelle.

On pourrait donc avancer que l’humain garde son libre arbitre de justesse grâce à la physique quantique (merci Niels Bohr !). N’empêche, philosophiquement parlant, ça ne résout pas vraiment mon problème : durant toute mon existence, ai-je réellement eu le choix dans les actes que j’ai posés ? Aurais-je pu faire autrement ? Vous allez me répondre : "Évidemment que tu avais le choix ! Évidemment que tu aurais pu faire autrement !" (Mmmmh, je sens comme une pointe de reproche dans ce que vous me dites là.)

"Déjà, ta vie a été influencée au hasard des rencontres." Oui, mais peut-on parler de hasard ? Si j’ai rencontré tous ces gens, c’est que je devais les rencontrer, non ? Je ne parle pas du tout de destin, hein ! (Même si destin et déterminisme sont sans doute deux manières opposées de poser la même question.) Même en prenant en compte les milliards d’interactions que l’on a avec le monde dans une vie, ce n’est pas parce qu’on est humainement incapable de les mesurer qu’elles ne sont pas mesurables dans l’absolu. Ne parle-t-on pas de hasard simplement parce qu’on ne peut voir toutes les causes tendant vers un événement donné ?

"Si tu meurs en te faisant écrabouiller par un piano qui tombe par malchance d’une fenêtre au moment où tu passes en dessous, ce n’est pas déterminé !" Sauf si on considère que toute ma vie tend vers cet événement, simplement parce que, par un engrenage causal bien malheureux, je ne peux être qu’à cet endroit à ce moment.

Bref, je n’arriverai sans doute jamais vraiment à avoir l’esprit en paix par rapport à cette question. Cela ne m’empêche nullement, par ailleurs, d’exister ni de penser ce que je pense, ni encore d’avoir certaines idées bien précises et de les défendre, ni enfin d’agir dans certaines situations...

Si vous voulez continuer la réflexion, je vous propose de lire un chef-d’œuvre de la science-fiction : Abattoir 5 de Kurt Vonnegut (1969). C’est un roman qui décrit très bien le fatalisme et, mieux encore, qui donne la possibilité de vivre sans trop en souffrir. Le "héros" du roman, Billy Pèlerin, un soldat de la Seconde Guerre mondiale, arrive, dit-il, à "décoller du temps", c’est-à-dire à considérer vraiment le temps comme la quatrième dimension (temporelle) et de s’y déplacer comme dans les trois premières (spatiales), à l’instar des extraterrestres de la planète Trafalmadore qu’il a rencontrés/rencontrera. Les "Trafalmadoriens" ont la possibilité de voir chaque instant de leur vie, y compris celui de leur propre mort. Ils ne peuvent pas changer leur... euh... destin ni le destin du monde mais peuvent à loisir se projeter à l’intérieur même de la période durant laquelle ils ont vécu. Ils sont donc totalement et définitivement fatalistes : ils ne peuvent pas changer le cours du temps, juste le voir, de sorte que, lorsqu’ils sont confrontés à la mort, ils ne peuvent que répondre la phrase fataliste par excellence : "C’est la vie" ("So it goes"). En outre, ils n’arrivent pas à comprendre les humains qui croient dur comme fer à leur libre arbitre.

Perception du réel

La dernière question que je voulais aborder brièvement (4) (ouf !) aujourd’hui est une de celles qui hantent mes cauchemars. Après la question fataliste : "Pouvais-je écrire autre chose que ce que j’écris ?", voici la question sur la réalité elle-même : "Des gens lisent-ils réellement ce que j’écris ?". Je ne pose pas la question de savoir si ce blog a des lecteurs (je sais qu’il n’est lu par personne, hahaha !). Je me la pose à un niveau supérieur beaucoup plus flippant : "Comment être certain que ce que je fais ne fait pas partie d’un rêve ?" ou "Comment être certain que ce je perçois est la réalité ?". En fait, c’est totalement impossible d’en être certain et il faut faire avec.

Oui, bon, c’est la Caverne de Platon, quoi. (Ou Matrix ou The Truman Show, ouais, si vous voulez.) Nous sommes obligés de regarder le monde et de le comprendre avec nos sens limités... Rien de neuf.  Personnellement, j’adore néanmoins cette citation de l’auteur de science-fiction Philip K. Dick (1928-1982) (5) :
"Ils ne construisent que la partie du monde dont ils ont besoin, pour vous convaincre qu’il est réel. Vous voyez, c’est une sorte d’opération à petit budget : ces pays dont vous entendez parler, comme le Japon ou l’Australie, n’existent pas vraiment. Il n’y a rien là-bas. À moins bien sûr que vous ne décidiez d’y aller, auquel cas il leur faut monter tout ça, le décor, les immeubles, les gens, pour que tout soit prêt à votre arrivée. Ils doivent travailler sacrément vite."
Il n’est pas une semaine de ma vie, depuis mes 13-14 ans, sans que je sois dans cet état d’esprit, en ayant l’impression d’être totalement décalé du réel. Oui, c’est un peu terrifiant mais je n’en vis pas trop mal, merci. Heu. Enfin... C’est peut-être pour ça que je bois (enfin, que je buvais) et c’est peut-être pour ça que parfois, je suis pétrifié quand il s’agit d’avoir des contacts avec "l’extérieur".

Si je parle de ce genre de raisonnement à mes amis, ils me diront : "mais non, je t’assure que c'est bien moi que tu as devant toi !" Ce n’est pas rassurant, hein ?

Pas rassurant du tout.

Bon, allez, je vais aller prendre mon train pour la mer.
Enfin, je crois que je vais aller prendre mon train pour la mer.
À l’heure qu’il est, ils ont déjà dû préparer les vagues, les Flamands en short, les vieux, tout ça...

________________________________
(1) Seul petit bémol : curieusement, j’ai eu droit à un baptême catholique. Allez savoir pourquoi ! Tradition villageoise disent mes parents : paraîtrait qu’on ne se posait même pas la question dans ma campagne à l’époque et qu’on baptisait tout le monde. Mouais... Avec un père qui se dit "marxiste", c’est quand même très curieux, non ? Peut-être ce dernier est-il en réalité un agent  jésuite infiltré au sein du monde de la gauche radicale ?
(2) L’absurdité de la cause première et la référence à Stuart Mill ont également été reprises par le mathématicien et philosophe Bertrand Russell dans Why I Am Not a Christian en 1927.
(3) Dans l’univers des probabilités, et en caricaturant un peu, un évènement est dit presque sûr lorsqu’il a une chance de se produire en un nombre fini d’événements. Exemple très simple avec le jeu de pile ou face : la pièce tombera presque sûrement sur "pile" après un certain nombre de lancers, même si, dans l’absolu, il est possible qu’elle retombe toujours sur "face". Lorsqu’on tend vers l’infini, la probabilité que la pièce tombe au moins une fois sur "pile" tend vers 1 : l’événement "pile" sera presque sûrement vrai.
(4) Bah oui parce que je pars pour la mer du Nord dans une heure...
(5) Reprise par Lorris Murail, Les maîtres de la science-fiction, Paris, Bordas, 1993, p. 111.

jeudi 5 mai 2011

[HUMEUR] Moi, Léandra, abandonnique


Vous savez quoi ? Je suis amoureuse.
Et vous savez quoi ? Ça me fait une belle jambe (je n'en dirai pas plus, car j'ai promis).

Et alors on fait quoi, maintenant que je ne peux plus trop m'étaler sur mes petites histoires de cœur ? J'ai trouvé ! On fait plaisir à Hamilton, et on pond un article depuis longtemps promis : sur l'abandonnisme.

(Bon, en relisant ce post, je ne peux que constater avec effroi que ce sujet a quand même un rapport très, très étroit avec ma vie affective - faut pas rigoler non plus).

(Pour la petite histoire, je viens de supprimer l'intro que j'avais écrite pour ce texte, elle était naze de toute façon. En fait, toujours pour la petite histoire, j'avais commencé à rédiger à la Maison du Peuple, mais ma connexion a coupé. Alors je suis rentrée chez moi comme une brave fille. Et sur le chemin du retour, j'ai eu quelques raisons d'avoir un gros coup de cafard. J'ai donc choisi de virer toutes les fioritures et d'entrer dans le vif du sujet - vous verrez, ça va saigner).

Pour tout savoir sur l'abandonnisme, il suffit de lire cet article : .

C'est trop long pour vous ? Alors je résume : l'abandonnique, c'est moi.
Moi tout craché, comme dirait Mc Inerney (un jour, je vous parlerai de la culture littéraire qu'on peut acquérir en fréquentant les sites de rencontre).

Sans blague, cette description, on dirait qu'elle a été écrite par un ami qui me connaît bien et qui essaierait de mettre à plat mon "problème".

J'en reviens pas comme je me retrouve. Dans ce contexte, le mieux est encore de faire des copier/coller…
(Avertissement pour les âmes sensibles : les lignes qui vont suivre sont une tentative d'auto-analyse psy d'un égocentrisme susceptible de heurter un public non averti… ou plutôt qui refuse d'être averti. Autrement dit, plus vulgairement : ne lisez pas si vous n'avez pas de couilles).

Reprenons-nous, hum, hum.
Qu'est-ce qu'il dit de beau ce texte ? Plein de trucs troublants… Je cite…

"L'abandonnique redoute par-dessus tout le fait qu'on ne s'occupe plus de lui. Il voit dans ce manque de sollicitude une privation d'amour qu'il ressent comme une frustration".
→ Bah oui, c'est évident.

"Il réclame des certitudes absolues et des réassurances persistantes, seules certaines personnes élues comme objets sont capables de lui apporter la certitude qui alimente sa sécurité".
→ C'est exactement ça. Les "personnes élues" s'en souviennent encore, les pauvres… Et y a des années que je n'ai plus été rassasiée de certitudes…

"Il est habité par la hantise d'être abandonné et, projetant sa peur sur l'objet, il lui attribue des arrière-pensées, des doutes, des sentiments d'antipathie, des intentions méchantes ou des mobiles agressifs et hostiles".
→ Pour paraphraser je ne sais plus qui : "Ce n'est pas parce que je ne suis pas paranoïaque qu'ils ne sont pas tous après moi". Je pourrais dire : "Ce n'est pas parce que je suis abandonnique qu'ils ne me laissent pas tous tomber l'un après l'autre parce qu'ils ne m'aiment pas assez".

"Cette crainte constante d'être "lâché" met l'objet dans une situation si difficile et si lassante qu'elle peut aboutir à la longue à un lâchage réel. Telle est la fatalité qui pèse sur l'abandonnien, il favorise l'abandon".
→ J'ai pu m'en rendre compte, oui, c'est un fait (cruel)…

"L'abandonnique aspire au sentiment de fusion avec un autre être (la mère) et non au sentiment de relation qu'il ne conçoit même pas".
→ J'ai l'impression de n'avoir aucun problème avec ma mère (qui lit certainement ce blog - coucou maman), mais pour ce qui est de la fusion, c'est sûr que c'est un truc sur lequel je fantasme complètement. Le problème, c'est que la fusion, ça ne peut forcément que se faire à deux… et qu'il y a pas tellement de fétichistes de ça, pour des raisons qui m'échappent.

"Les abandonniques ont toujours deux caractères en commun : l'angoisse et l'agressivité qui se rattachent à un état psychologique initial, caractérisé par l'absence d'un juste sentiment du Moi et de sa valeur propre. C'est sur l'angoisse qu'éveille tout abandon, sur l'agressivité qu'il fait naître et sur la non-valorisation de soi-même qui en découle, que s'édifie toute le symptomatologie de cette névrose".
→ Ça devient un peu trop du charabia de psy, je suis d'accord. Mais pour le côté angoissé, limite flippé flippant, et sur la dévalorisation : c'est encore dans le mille !

"Non-valorisé, l'enfant se trouve dans un état de faiblesse et d'impuissance qui donne naissance aux terreurs. L'adulte qu'il devient ne peut s'en délivrer, il reste ce qu'il était : un être prématuré devant la vie, incapable de s'y adapter par lui-même, la réalité demeurant pour lui hostile et inaccessible".
→ J'ai toujours l'impression d'avoir eu une enfance très heureuse, mais ce truc de "être prématuré" devant la vie m'interpelle pas mal (je pesais 1 kilo 700 à la naissance. Alors quoi la source de mes déboires serait ces bêtes semaines passées en couveuse il y a 31 ans ? Ça serait trop bête quand on y pense). Du coup, j'ai cherché sur Google si y avait pas des articles traitant du lien entre prématurité et abandonnisme, mais j'ai rien trouvé – une piste à creuser ?

"Hanté par la peur de perdre l'amour, l'abandonnique cherche à se préserver de ce malheur et de l'angoisse qui l'accompagne par des mesures de protection, tantôt négatives (refus de s'engager, s'infliger l'abandon pour éviter le sentiment d'être le jouet d'autrui : lâcher pour ne pas être lâché), tantôt positives (dévouement, asservissement à autrui, soin porté à préserver le lien, ...)".
→ Bon, il est quand même globalement préférable d'avoir surinvesti les "mesures de protection" positives, non (genre être aux petits soins pour ceux que j'aime) ? Allez, rassurez-moi, faut quand même pas tout jeter dans Léandra…

"(…) (Je vous épargne plein de trucs, car l'article est long) exigences sans limite de son besoin d'amour. Exigences liées à la pensée magique, la plus grande preuve d'amour qu'il réclame de l'objet est non seulement d'être compris, mais d'être deviné".
→ Evidemment que je veux être devinée ! Quoi c'est trop demander ? En même temps, je passe mon temps à donner plein d'indices pour qu'on trouve facilement, mais ça ne paraît pas suffisant…

"Il lui faut des faits, et ces faits seront envisagés par lui à l'état brut, dépouillés de leur contexte, des circonstances connexes, des intentions de l'objet : "il aurait pu arriver à l'heure s'il l'avait réellement voulu, s'il le désirait vraiment, il pourrait vaincre tous les obstacles". Le manque de sécurité affective joint à un égocentrisme très primitif abolit le sens du possible, du réel et le fait recourir à la croyance magique en la toute puissance de l'objet".
→ N'empêche que si je leur avais vraiment plu, ils seraient (pour le moins) arrivés à l'heure / auraient répondu au téléphone / à mon mail / j'en passe et des meilleures.

"Exigences liées au besoin d'absolu : l'abandonnique aspire à tout partager avec l'être qu'il aime, à tout savoir, à tout faire avec lui. L'attachement abandonnique est exclusif, il n'admet ni l'absence, ni le partage, c'est tout ou rien".
→ J'ai envie de dire à l'instar de George : "What else ?" (pourtant je n'aime pas le café). Bien sûr que je vise l'absolu, c'est la moindre des choses : je ne vais quand même pas me contenter d'un truc bas de gamme…

"Demeuré fixé au stade réceptif et captatif de l'enfance, il attend tout d'autrui".
→ Bon, là, c'est exagéré. Je n'attends pas tout d'autrui, juste le plus important.

"(…) manifestations masochiques explosives : scènes de désespoir, crise de dévalorisation dirigées contre l'objet, accès d'angoisse plus ou moins spectaculaires. Plutôt qu'à se faire consoler et rassurer, le sujet vise à blesser l'objet, à le désemparer, à lui donner de la culpabilité, car le propre de ces crises est de mettre en évidence l'irresponsabilité du sujet et la complète responsabilité de l'objet".
→ Vu comme ça, je suis une méchante fille manipulatrice. Je comprends bien le mécanisme, et y a de ça, mais je vous jure que je suis quelqu'un de bien quand même.

"La non-valorisation affective amène toujours l'abandonnique à un sentiment extrêmement pénible et obsédant d'exclusion, de n'avoir nulle part sa place".
→ J'aurais pas dit mieux.

"(…) une forte affectivité, avec prédominance des besoins affectifs sur les autres besoins".
→ Dans la famille des besoins de Maslow, je choisis… les besoins affectifs ! Yeah ! Quoi, c'était une mauvaise pioche ? Ah ben pas de chance pour moi…

"(…) un besoin possessif intense, plus ou moins camouflé, à l'égard des êtres qu'il aime. Intolérance à la privation, à l'absence, au partage".
→ Possessive, moi ? Si peu…

" (…) une tendance marquée à l'anxiété".
→ Anxieuse, moi ? Vous croyez ? Mais non, je ne me ronge même plus les ongles (ceux de mes pouces sont super longs, c'est super moche).

"Pour qu'il soit heureux et paisible, il faut qu'il se sente entouré de tous ceux qui l'aiment et qu'il chérit en retour, que rien ne menace l'unité familiale en général et singulièrement son unité avec la mère et que celle-ci lui donne preuve sur preuve de son amour. Inversement, tout ce qui menace cette unité, tout ce qui lui semble porter atteinte à l'exclusivité du lien, déclenche son désespoir ou sa révolte. Sa sécurité s'effondre avec la même facilité qu'elle se retrouve : il dépend entièrement du climat créé autour de lui, et ce climat lui-même est dû souvent à de très petites choses, des nuances, des riens (…).
→ Oui, bon, je ne vois pas trop quoi ajouter. Le besoin d'être entourée d'affection, d'être rassurée, la recherche constante d'exclusivité. Le fait d'être heureuse pour un rien, pour un mot gentil lancé peut-être par hasard, qui sait, et puis l'instant d'après complètement raplaplapla car "les élus" (est-il vraiment utile de préciser qu'il s'agit presque toujours d'hommes ?) n'ont pas répondu comme je voulais à un de mes "trucs". C'est juste ça…

"Il manifeste une intolérance quasi absolue à tout ce qui implique un renoncement sur le plan de l'amour possessif".
→ Certains sont bien intolérants au lactose, moi c'est au renoncement. Chacun sa croix…
La possessivité, c'est moche, je n'en suis pas fière du tout. Par contre, j'assume complètement le fait de rejeter en bloc tout ce qui implique un renoncement à l'amour tout court. C'est parfois pénible (pour les autres comme pour moi), mais je n'ai pas envie de changer.

(Comme disait un de mes derniers statuts Facebook, je suis à prendre ou à laisser : voilà).

Ben dis donc, presque 4 pages Word… C'est facile de noircir des pages en reprenant des phrases écrites par d'autres ! A quoi bon se casser le cul à écrire des anecdotes dans l'espoir d'être comprise ? C'est une aubaine pour moi d'être tombée sur cet article.

Et le partager ici, pour une sale abandonnique comme moi, c'est idéal. Rien ne me réjouis plus que d'être comprise, à fond. Me dévoiler, avouer mes trucs pas très clean, et espérer qu'on "me prenne" quand même : c'est quasiment le pied…

Oups. En relisant ce dernier paragraphe, je me rends compte des doubles sens sexuels presque explicites qu'il contient. Beurk, c'est dégueulasse.

Déjà le mot : abandonnique.
Ah-bande-oh-nique.
Mais on se croirait dans un film porno, ma parole…
(C'est Hamilton qui va être content).

Vaut mieux que j'aille me coucher, moi. Je dérape (et ce n'est pas mon genre).

Bonne nuit, les gens. M'abandonnez pas surtout.

mardi 5 avril 2011

[HUMEUR] Comment je me suis disputée

 

Tiens, j'ai appris qu'un ancien copain d'université qui ne m'adresse plus la parole lit régulièrement ce blog (enfin, régulièrement, c'est beaucoup dire, vu le peu de zèle dont Hamilton et moi faisons preuve pour alimenter ces pages ces temps-ci - toutes nos excuses, on a d'autres trucs en tête : lui, ses nains, moi, bah l'amour).

Je lui fais donc coucou au passage. Hello, Hijame.

J'ai tendance à me disputer avec les gens. Avec les hommes. Vraiment, je ne sais pas pourquoi, mais je suis douée pour ça. J'arrive à m'embrouiller sur des malentendus, puis à faire enfler le truc (n'y voyez aucune allusion salace) jusqu'à des proportions démesurées.

La première fois, j'avais 14 ans. Le type s'appelait Samuel.

Il était arrivé dans ma classe quelques mois après la rentrée. Il m'a tout de suite beaucoup plu. Il avait une gueule d'ange, mais c'était un petit dur (toujours sans allusion salace). On est devenus très bons copains, on passait pas mal de temps ensemble. C'était assez improbable, moi la bonne élève, et lui le cancre, avec ses cheveux pleins de gel. Je lui faisais ses devoirs, je le laissais tricher aux interros. Il en profitait un peu mais c'était bon enfant. 

Déjà à l'époque, je tombais facilement amoureuse. Et c'est là que pour la première fois est apparue dans ma caboche l'idée fixe saugrenue, que dis-je la certitude, qu'il fallait absolument le montrer de façon très spectaculaire. Il n'a pas aimé ça du tout, le gamin. Passe encore d'être l'ami d'une intello, mais assumer mes déclarations loufoques (je ne me souviens plus des détails, mais j'en ai fait des belles), c'était trop pour lui. Il a réagi comme un petit con, comme on réagit à 14 ans. Il a été méchant, moqueur, j'ai beaucoup pleuré (comme on pleure à 14 ans) et la brouille a duré des années.

(Aujourd'hui, le petit Samuel est sous-chef de gare. Il m'a vendu un ticket de train un jour que je rentrais de chez mes parents. On s'est salués cordialement. Il m'a même invitée sur Facebook, pas gêné de barboter avec sa copine dans la piscine sur sa photo de profil. Mais bizarrement, il m'a virée de ses amis au bout d'une petite semaine. Je crois que la mémoire lui est revenue…).

Après lui, il y a eu Grégory (une histoire très différente, les rôles étaient plus ou moins inversés, il m'a même écrit un poème, mais il a aussi fini par me prendre pour une folle furieuse et par me fuir comme la peste). A l'unif, il faut évidemment évoquer l'affaire FBSR, qui m'a valu plein d'ennemis (dont le garçon dont je parlais au début de ce texte). Puis y a eu Alex, dont le GSM a toujours, je crois, mon nom en bonne place dans la liste des indésirables.

Avec mon dernier petit ami, ça a aussi failli définitivement mal tourner, mais on a rattrapé le coup in extremis (je n'en reviens toujours pas - peut-être que je m'assagis ?).

Et encore, là, je ne parle que de ceux avec qui il y avait un enjeu plus ou moins sentimental…

Il y a aussi les types que je déteste par principe. Leur tronche ne me revient pas, alors je me fous d'eux très ouvertement. Ce sont souvent des gros types bien sûrs d'eux, avec une voix irritante. Je leur tirerais bien la langue si ce n'était pas si mal élevé. A force, ils finissent quand même par s'en rendre compte. Et je m'en fais des ennemis pour la vie, youpie !

Même avec mes amis je me dispute parfois. Pour des broutilles, ou pour des raisons plus ou moins fondamentales. Ça fait toujours un peu mal, ces brouilles.

Il y a peu, je me suis fâchée avec un nouvel ami, en qui j'avais mis beaucoup d'espérances. Un gars beaucoup plus jeune, bourré de talent. Adorable. Si je dis "un mélange d'ange et de démon", tout le monde le reconnaîtra, et il n'aimera pas ça. Oh, tant pis... On s'est écrit des choses assez hallucinantes, des pages et des pages. J'avais rarement eu l'occasion d'aller aussi loin dans le fond des choses d'une dispute (ce garçon est décidément à la hauteur, je ne m'étais pas trompée).

On est plus ou moins réconciliés maintenant, mais y a quand même un petit truc cassé. C'est la vie, comme dirait le pion d'Hamilton (avec qui je ne dispute jamais, sauf pour des questions existentielles, comme par exemple savoir s'il est grave ou pas de faire croire à un enfant qu'on l'abandonne au bord de l'autoroute pour le calmer quand il fait la foire dans l'auto sur le chemin des vacances - Hamilton et moi n'avons ni l'un ni l'autre de voiture).

On ne se refait pas (oui, j'adore cette expression).

Et avec tout ça, je n'ai même pas vu ce film (qui est quand même fort, fort prétentieux)…

dimanche 6 mars 2011

[HUMEUR] Une seule solution : la défragmentation (bah quoi, c'était grève générale vendredi)


Hier soir, Hamilton était au resto avec de vieux amis pour un anniversaire. La fille a annoncé qu'elle était enceinte. Moi, pendant ce temps-là, je tentais pathétiquement de draguer sur Facebook des types entrecroisés.

Sur trois, un seul a répondu à mon invitation. Le seul qui n'est pas libre évidemment…

Je l'ai vu deux fois, ce type. Et encore, la seconde fois, c'était dans le tram. Il lisait un livre ancien. La veille, mon cœur avait fait boum quand je l'ai vu pour la première fois.

(Oui, c'est compliqué. En fait, je l'ai rencontré deux fois, mais deux jours de suite, et totalement par hasard. Enfin, je veux dire, totalement par hasard la seconde fois, dans le tram. Parce que la première fois, c'était à un anniversaire chez des amis communs, ou plutôt des amis à moi et des amis à sa copine - une jolie grande fille intelligente, une musicienne. Et mon cœur a fait boum car il ressemblait énormément à un ami dont j'étais très amoureuse à l'Université. En plus, je me suis aperçue qu'il était un collègue de cet ami en question, qu'ils se connaissaient bien, qu'ils allaient régulièrement discuter le coup sur le temps de midi - des musiciens).

J'étais tellement chamboulée que je suis allée me planquer aux toilettes, pour me remettre, et pour griffonner mon numéro de téléphone sur un bout de papier. Mais je ne lui ai pas passé finalement. Je n'ai pas eu le cran, et je ne voulais pas créer d'incident diplomatique dans le cas où mon manège aurait été découvert.

On ne se refait pas.

Je pense que c'est plutôt bon signe, que je me remette à échafauder des plans sentimentaux foireux. Ca prouve que je reprends du poil de la bête. C'est aussi bon signe que je vienne les raconter sur le Noctambule (en plus, ce blog commençait à faire long feu - qu'on se rassure, Hamilton prépare aussi un article, sur les jeux vidéo, et j'attends toujours avec impatience qu'il nous parle de ses amitiés centrifuges).

J'ai eu un petit coup de mou ces dernières semaines, pour des bêtes questions de boulot.

Un mauvais choix professionnel, l'impression de ne pas être du tout à ma place là-bas et de gaspiller les heures de ma vie, l'angoisse d'être coincée pour longtemps dans un job intellectuellement peu stimulant (et c'est un euphémisme).

(J'ai pas l'air comme ça, mais il faut savoir que ma carrière est très importante pour moi, car c'est la seule chose que j'avais toujours bien géré jusqu'à maintenant - j'expliquerai ça mieux dans mon blog à moi, que j'ai bien l'intention de ressusciter un jour, puisque par les temps qui courent, je vais avoir plus que jamais besoin de personal branding).

A force d'insatisfaction et d'ennui entre neuf heures et dix-sept heures, j'étais au bord du burnout. Ça va un peu mieux, mais ce n'est toujours pas brillant.

Mon cerveau tourne au ralenti et fait des trucs bizarres. Il bugue. J'ai parfois l'impression de percevoir des mouvements là où il n'y en a pas, et j'ai vu des cafards imaginaires courir sur mon beau carrelage noir. J'ai d'horribles trous de mémoire et d'énormes difficultés à me concentrer (pour donner une idée, je n'ai pas lu un seul livre en entier en 2011, j'arrive à peine à tenir la lecture d'un post de blog - la dimension maximale qui me convient dans ces conditions, c'est le statut Facebook).

Je me focalise là-dessus, et ça fait pire que mieux. Je fais un jeu avec mon cerveau, pour me rassurer (ça me fatigue plus qu'autre chose, mais bon). Je laisse mon esprit vagabonder d'une personne à l'autre, à toute vitesse, et je cherche à mettre un nom dessus. Je panique quand je bloque sur Benjamin Biolay ou Vincent Lindon.

Dans ces cas-là, j'ai presque l'impression d'entendre le "cr-cr-cr" des méninges qui tournent folles, comme des plaquettes de frein qui patinent (ou quelque chose comme ça - je suis nulle en mécanique).

(Le fait de m'être pris ces derniers mois quelques grosses cuites qui finissent en blackout complet de plusieurs heures n'arrange rien à l'affaire évidemment…).

Mon ex est neurologue. Je l'ai appelé pour lui parler de mes problèmes. Mais il ne semble pas prendre mon cas très au sérieux (en même temps, il n'a jamais pris grand chose qui me concerne très au sérieux).

Le salut serait selon lui dans le repos et une vie réglée (il peut parler, lui). Les idées se remettraient miraculeusement en place en dormant huit heures par jour et en mangeant à des heures régulières des plats équilibrés (et puis quoi encore : regarder la télévision plutôt que de m'étourdir sur Internet ?).

Je devrais décidément ne sortir qu'avec des geeks. Car eux pourraient me souffler une solution qui me séduirait davantage : une bonne défragmentation.

Je sens bien que c'est là qu'est le problème : c'est le foutoir dans ma petite tête. Les idées s'entrechoquent, les angoisses tapies, les souvenirs approximatifs, les factures en retard, les emballements, les projets, les frustrations, les sentiments contradictoires. Entre tout ça, je m'éparpille.

Je suis intrinsèquement une personne bordélique, y compris dans ma façon de structurer ma pensée. Mais jusqu'à présent, cela ne m'avait pas posé de problèmes "de performance". Je compensais ça par une certaine vivacité d'esprit (oui !) et beaucoup de feeling. Là, apparemment, ce n'est plus suffisant…

C'est passé de mode, les défragmentations. Ça se fait tout seul, maintenant, je crois, sur les ordis.

J'ai la mémoire qui flanche (je crois l'avoir déjà dit), mais je garde le souvenir vivace des défragmentations de mon adolescence. Mon père qui insistait pour qu'on le fasse régulièrement, et ça durait des plombes. Je revois ces couleurs qui se rassemblaient, ces espaces qui se comblaient : c'était joli.

Je veux ça, voilà. Appuyer sur un bouton, lancer un petit programme, et que ça trie.

Exit les souvenirs inutiles de vieilles histoires qui n'ont pas abouti. Basta les confusions entre ce qui est beau et ce qui fait seulement mal. Faire la part des choses entre ce qui relève du fantasme et ce qui existe vraiment. Unifier les projets, leur donner un sens unique et univoque. Zapper les interférences. C'est une condition indispensable, je crois, pour faire de la place pour autre chose.

Il est grand temps que j'arrête de perdre mon temps, à des bêtises.

samedi 12 février 2011

[HUMEUR] Autre chose...


Je suis malade.
Je suis grippé.
Mon médecin un peu parano m’a prescrit du Tamiflu™/Oseltamivir™/Aaaaatchoum™.

En attendant ma mort prochaine et mon article intitulé "Testament(s)" (qu’est-ce que qu’on se marre avec Tonton Hamilton !),
En attendant ma chronique en cours de rédaction sur les "amitiés centrifuges" (tout un programme !),
En attendant le prochain texte sémillant (ou pas) de Léandra,
Voici... autre chose.

J’ai un peu de fièvre ce soir et mon nez se bouche, alors qu’il me laissait tranquille jusqu’à aujourd’hui, ce con.
Je suis fatigué.
Je n’ai pas toute ma tête.
Ce texte sera décousu ou ne sera pas !

J’écoute des trucs bizarres que je n’ai plus écoutés depuis des années.

J’entends presque Léandra soupirer : "Encore de la musique...". Attends, Léandra, ne t’en va pas ! Vous autres non plus d’ailleurs ! Cette fois-ci, les paroles sont poétiques et en français. Ce sont des chansons curieuses distillant des ambiances dadaïstes... Autre chose donc !

Et, quand le Noctambule prend la parole, il n’y a pas d’analyses.
Juste deux groupes pas assez connus qui font... autre chose.

Y a pas que Benjamin Biolay ou Bénabar dans la vie, tu sais !
Y a RIEN et le poète JULL (de Grenoble), par exemple.
Aucun rapport avec les deux premiers, cela dit.
Mais j’arrête de vous emmerder.
Leurs albums sont téléchargeables (gratuitement si vous ne voulez rien donner) ICI.



Y a pas que CAN dans la vie, y a aussi FAUST aussi (un groupe allemand avec un "chanteur" français, Jean-Hervé Péron).
"Chère chambre", voilà une chanson qui convient parfaitement à ma situation !
Mais j’arrête de vous emmerder.



C’était bien, non ?
Vous n’avez pas écouté ?
Bah, ce n'est pas grave. 

Je suis malade.
Et je retourne dans ma musique.
Cet interlude sans intérêt vous a été offert par les laboratoires Roche et Bristol Myers Squibb.

Vous avez vu ? Moubarak s'est retiré du pouvoir !

mercredi 2 février 2011

[HUMEUR] "Pauvre Belgique !", Baudelaire et les beaufs


Je ne vous parlerai pas de politique, ne vous inquiétez pas.
Le roi blanc me hurle dans l’oreille gauche (il est un peu sourd et parle donc très fort, aïe !) que tout est politique.
Quant au roi noir, il se morfond à l’autre bout de l’échiquier et s’en fout royalement (c’est doublement le cas de le dire).
Mais peu importe : les rois sont gâteux de toute façon.
Et je ne vous parlerai pas de politique.

Furetant quotidiennement sur les forums des journaux, mes yeux tombent parfois sur une expression, un tic de langage qui m’amuse beaucoup (faut dire qu’il m’en faut peu pour m’amuser)... Le tic consiste à ajouter au bout de chaque affirmation péremptoire : "Pauvre Belgique !".

La chose fonctionne en outre très bien avec n’importe quelle autre région du Globe, et en toutes circonstances (!) :
"Plus de deux cents jours sans gouvernement ! Mais que font nos politiques ? Pauvre Belgique !"
"La sidérurgie n’est plus ce qu’elle était ! Pauvre Wallonie !"
"Encore un évadé à la prison de Jamioulx. Pauvre Belgique ! Pauvre Wallonie !"
"Je me suis cassé une dent sur une galette bretonne. Pauvre Bretagne !"
Parfois, les auteurs, non contents de leur triste forfait, en rajoutent encore une couche avec le glorieux et typique "Mais où va-t-on ?" :
"Plus de deux cents jours sans gouvernement ! Mais que font nos politiques ? Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?"
"La sidérurgie n’est plus ce qu’elle était ! Pauvre Wallonie ! Mais où va-t-on ?"
"Encore un évadé à la prison de Jamioulx. Pauvre Belgique ! Pauvre Wallonie ! Mais où va-t-on ?"
"Je me suis cassé une dent sur une galette bretonne. Pauvre Bretagne ! Mais où va-t-on ?"
(Vous avez vu ? J’ai trouvé un moyen pas cher pour augmenter la taille de mes articles !) 
(Je suis fort, très fort.)
(Malheureusement pour moi, je ne suis pas journaliste et je ne suis pas payé au nombre de caractères publiés.)
(En fait, je ne suis même pas payé du tout.)
(Mais qu’est-ce que je fous là, moi ?)
(Passons...)

Bon, sachez quand même que la plupart du temps, ce n'est pas écrit comme ça. Pour faire bonne figure et ne pas passer pour un intello, le commentateur doit mettre beaucoup de ponctuation, n'importe comment, et faire quelques fautes d'orthographes :

"+ de 200 jours sans gouvernemnt !!!?! Mais, que font nos politiques?.... pauvre Belgique mais ou va-t'on????"
Charles Baudelaire déjà, il y a presque 150 ans, nous pondait un pamphlet limite haineux (hé ouais, petit salopiaud va !) intitulé "Pauvre Belgique !". Vu qu’il écrivait quand même un tout petit mieux que tous ces zélés commentateurs de forums, il ne terminait pas ses phrases par "Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?". S’il l’avait fait, ça aurait donné un truc du genre :
"La France a l’air barbare, vue de près. Mais allez en Belgique et vous deviendrez moins sévère pour votre pays. Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?"
"On n’a jamais connu de race si baroque que ces Belges. Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?"
"[J’ai vu des Belges qui], dans l’horreur de la fange et du vomissement, et gorgés jusqu’aux dents de genièvre et de bières, aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières. Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?"
Le dernier extrait a été écrit par l’ami Charles spécialement pour Léandra et moi ! Quel visionnaire, ce Charlie !

"Pauvre Belgique"...

Hé bien, tout compte fait, je trouve que ça ne sonne pas trop mal.
"Pauvre Belgique !", c’est beau.
Que dis-je "c’est beau" ? C’est  su-bli-me ! La formule transforme le ridicule et vulgaire pamphlet en une œuvre immortelle.
J’ai ainsi fini par me convaincre du bien-fondé de l’expression.
"Pauvre Belgique !", "Mais où va-t-on ?"... Ces phrases passe-partout sont gé-nia-les.
Et j’ai donc décidé de les adopter et de les utiliser à chaque fois que c’était possible.
Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?

En fait, au départ, je devais vous pondre un sujet sur le crépuscule d’amitiés de jeunesse à partir d’une chanson d’Okkervil River, mais ça prend plus de temps que prévu. Du coup, je comble avec un sujet inintéressant au possible. Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?

Après seulement quelques semaines, ce blog devient donc déjà du grand n’importe quoi. Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?

Enfin, je suppose que ça fera au moins rire Léandra (ou pas)... Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?

La muette de Portici joua apparemment un rôle prépondérant dans le déroulement de la Révolution belge de 1830. Pauvre Belgique ! Mais où va-t-on ?

Le tigre de Sumatra est en voie d’extinction (seulement 500 individus environs seraient ainsi encore présents à l’état sauvage sur l’île). Pauvre Indonésie ! Mais où va-t-on ?

La théorie des cordes repose sur l’idée que les briques fondamentales de l'univers ne seraient pas des particules ponctuelles mais des cordelettes sous tension qui vibrent à la manière d’un élastique. Pauvre Univers ! Mais où va-t-on ?

Fatigué, moi.
Mal dormi cette nuit. Réveillé avec mal au ventre. Grmbl...

Pauvre Belgique.

Mais où va-t-on ?


[HUMEUR] Les Hommes de Ma Vie


Ah, ça y est, il est lancé, Hamilton. Il ne me laisse plus en placer une…

A moins que… Une chanson ? Celle-là est de circonstance…

Et ce n'est pas que ton discours
Ne semble pas intéressant

Tu parles peut-être même d'amour

Ouais mais tu parles

Tu parles tout le temps


Je suis de mauvaise foi, là. En fait, je suis bien contente qu'il ait enfin lancé son blog : depuis le temps qu'il en parlait…

Allez, il peut bien écrire sur des musiques-que-personne-ne-connaît ou sur des trucs-abscons-de-garçons-qui-ont-grandi-le-nez-plongé-dans-des-bouquins-de-science-fiction-avec-des couvertures-hideuses-et-où-les-personnages-portent-des-noms-à-coucher-dehors, ou même marcher sur mes plates-bandes sentimentales : c'est SON DROIT LE PLUS STRICT et JE LE RESPECTE.

N'empêche qu'on avait dit que je devais participer. Alors…

Aujourd'hui, Léandra Courbet va vous parler d'amour et d'amitié, car il fait froid dehors.

(Soyez prévenu : je vais continuer à me la jouer "On connaît la chanson", mais je vous épargne celle-là... Nan mais cliquez pas : ça fait mal aux oreilles !).

Il serait plus juste (et moins pénible) de fredonner :

Je voudrais vous parler des hommes que j'aime.
Ceux qui m'ont embrassée, au bord de la Seine.


(Précision : les hommes que j'aime ne m'ont pas embrassée - sauf un, et ce n'était pas au bord de la Seine).
(Deuxième précision : cette chanson parle d'homosexualité, mais ça ne signifie pas pour autant que les hommes que j'aime sont gays - sauf un, et encore un demi, et je ne parlerai pas de lui aujourd'hui).

Quand je parle de mes meilleurs amis, je dis toujours, de façon un peu théâtrale : les Hommes de Ma Vie.

Ils se comptent sur les trois doigts et demi d'une main.

Chiche que je vous les présente ? Allez, j'ai même une photo !
(Hamilton vous parlera peut-être un jour de cette BD de Blain, Gus. Moi, je fais la maligne et la pirate en publiant cette image, mais je ne l'ai pas encore lue - je vais le faire, promis).

Ce sont eux, à peu de choses près... Y a juste un truc où le dessinateur s'est planté : les cheveux. Il a inversé. En vrai, le type viril qui commande une bière est blond châtain et celui, avachi et blasé, qui roule à la tequila, est roux. Pour le reste, c'est eux tout crachés.

En premier : Hamilton.

Il est comme ma famille, mais en mille fois mieux.

Je suis chez lui chez moi (j'ai les clés de sa serrure hyper sécurisée de maniaque), il se sert dans mon frigo (de l'Orval) sans demander la permission.
Je suis la marraine de sa fille. Il est le parrain de mes futurs enfants si j'en ai un jour (…).
On se voit tout le temps, presque tous les jours, sans jamais s'en lasser (et pourtant il faut avouer que nous pouvons être très pénibles l'un comme l'autre).

N'en déplaise à son fan club, je ne m'attarderai pas sur Hamilton. En fait, c'est de lui que j'ai le moins envie de parler. D'abord, parce qu'il parle déjà bien assez ici. Mais y a pas que ça...
C'est tellement évident, entre nous, qu'il n'y a rien à ajouter. Ça ne fait pas l'ombre d'un doute : nous vieillirons ensemble (sauf si on meurt avant, ce qui est bien possible vu la vie qu'on mène).

Passons au type du milieu. Le gars du Centre (arf, je me mets à utiliser l'italique à tort et à travers comme Hamilton : je dois faire gaffe…).

Appelons-le Frédéric, parce que c'est un joli prénom.

(Je sais que tu lis ce blog : dis-moi si ce choix te dérange, je modifierai. Mais y a tellement de sa voix dans ta voix, tellement de sa douceur dans ta manière d'être attentif aux gens).

Je connais Frédéric depuis qu'il a deux ans et demi (moi, j'étais une grande : j'avais au moins trois ans et demi). Nous étions en maternelle ensemble, puis en primaire. Sa maison se trouvait juste à côté de notre école en préfabriqué, au milieu des champs. Il était le meilleur ami de mon cousin, avec qui j'ai été comme qui dirait élevée.

De lui à cette époque, je garde le souvenir d'un petit gros timide en costume de mousquetaire à un bal d'enfants.

Et puis…

On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus d'vue
On s'est retrouvés, on s'est réchauffés
Puis on s'est séparés

(En vrai, on ne s'est jamais vraiment séparés. On ne s'est jamais vraiment perdus de vue non plus d'ailleurs. Et on s'est encore moins réchauffés - du moins physiquement. En vrai, on a passé notre temps à se retrouver).

On s'est recroisé à l'Université. C'est là que tout a recommencé.

Il étudiait l'Histoire (comme tous les Hommes de Ma Vie). On a même vécu en collocation ensemble pendant deux ans.

J'ai supporté son horrible figurine de moto en plastique sur mon étagère dans le living. Il a côtoyé avec une joie non dissimulée mon hamster névrosé. J'ai bavé sur ses Bacardi Breezer dans le frigo, auxquels il ne fallait surtout pas toucher. Il a posé l'œil sur quelques-unes de mes copines, jusqu'au jour où je lui ai présenté sa future épouse, la sœur de ma meilleure amie de l'époque, lors d'un Réveillon.

On s'appréciait, mais on n'était pas vraiment proches. A ce moment de notre histoire, il n'était pas encore un Homme de Ma Vie.

C'est venu après. Il y a quoi, trois, quatre ans ? Ce sont les épreuves qui nous ont rapprochés. Mais je ne veux pas en parler ici, ça serait trop triste...

Il faut en revanche absolument que je parle de son extraordinaire sens de l'humour, de son talent inné pour le second degré. Même quand il fait le balourd (ce dont il ne se prive pas !), il est fin et talentueux. C'est un type exceptionnel, comme dirait Hamilton (et le grand-père de la pub pour les caramels Werther's Original). Je suis fière de lui quand je le présente à de nouveaux copains en disant : "C'est mon meilleur ami".

Une de ses principales qualités, c'est que je peux compter sur lui à 100% : Frédéric est un homme de confiance. Il a été là pour moi quand j'en avais besoin (et je crois qu'il peut en dire autant de ma part). Ce sont des choses qu'on n'oublie pas…

… Subtile transition pour parler du troisième Homme de Ma Vie.

Appelons-le Pierre (parce qu'il est né un 16 juillet, et qu'il est roux).

La chanson qui me vient à l'esprit en pensant à lui, ça serait plutôt celle-ci, de Bénabar (ça ne va pas lui plaire - il est très susceptible, Pierre - mais c'est tellement drôle que je ne résiste pas, tant pis) :

Tu peux compter sur moi, quand tu veux et où que ce soit
Je serai toujours là pour toi
Tu peux compter sur moi, mais surtout n'oublie pas...
Le week-end ça m'arrange pas, la semaine j' suis pas trop joignable.
Les vacances pourquoi pas, sauf que je coupe mon portable.
Je peux je crois en juin, mais vaut mieux que je vérifie.
Dimanche en huit je fais rien, ah non ! Je serai pas à Paris.
Sinon, à part ça, tu peux compter sur moi.

Disons que Pierre à une vie sociale très chargée. Une vie sociale… où je n'ai pas beaucoup de place. Où NOUS n'avons pas beaucoup de place, Hamilton, Frédéric et moi (alors que ces trois-là étaient tout le temps fourrés ensemble à l'Université).

N'empêche qu'il reste, envers et contre tout (et contre ceux qui se moquent en me disant que je m'illusionne), un Homme de Ma Vie.

Pierre, c'est avant tout "un mec cool". C'est l'aspect de sa personnalité que je préfère, et en même temps, parfois, ça me désespère.

Il fait beaucoup la fête. Il fréquente des gens beaucoup plus jeunes. Surtout des jeunes filles (il a ses périodes Dom Juan - là je ne sais pas trop où il en est)...
En fait, il a du mal à se détacher de sa vie d'étudiant, qui est pourtant bien loin derrière nous. En cela, je ne le comprends pas.

Il y a quelques mois, pour d'obscures raisons, on s'est un peu embrouillé. Je n'ai pas aimé ça du tout. Ça m'a complètement fait paniquer.

Même si je ne le vois pas souvent, j'ai besoin de savoir que son amitié est là quelque part (si possible pas trop loin de moi) pour me sentir tout à fait bien.

C'est le seul Homme de Ma Vie à m'avoir dit "Je t'aime" (le privilège du mec cool : les deux autres sont bien trop pudiques pour ce genre de déclaration). Ça m'a fait un bien fou.

Pierre est drôle, dans son genre pince-sans-rire, blasé (et pas du tout porté sur l'auto-dérision). Je m'amuse toujours bien quand il est là. On ragote, on parle de tout et de rien, du bon vieux temps, de mes amours : je suis à l'aise.

Il est sans doute aussi le type le plus intelligent que je connaisse (et pourtant, je connais Hamilton).

Le seul problème, avec Pierre, c'est qu'il y a trop de gens qui l'aiment...
(J'ai des références musicales de merde : oh oui !).

Aujourd'hui, on se voit très rarement tous les quatre.
Chacun a sa vie (sauf Hamilton et moi, qui avons ce blog).
Moi, je trouve ça dommage, mais tant pis.

Évidemment, je croise d'autres personnes, j'ai d'autres amis. Certains sont très importants pour moi, presque autant que ces trois-là.
Mais "Nous, c'est spécial", comme dirait cette chère Nathalie Pâque (un jour, je parlerai de Bodink, qu'on comprenne un peu mieux mon substrat "musical" désastreux…).

Et un jour, aussi, peut-être, je parlerai de Choupinou.
Mais pas maintenant.
Maintenant, je vais dormir.

Je vous laisse avec Dalida...