lundi 11 avril 2011

Note précédant le passage de la Grande Faucheuse


Je ne compte pas mourir du jour au lendemain, mais on ne sait jamais !

Imaginez : Hamilton marche tranquillement dans une rue ensoleillée de Saint-Gilles, passe sous la fenêtre d’un pianiste perfectionniste mais malhabile et se fait écrabouiller par le piano que le musicien, dans un geste de rage incontrôlée, balance par la fenêtre. Une seconde avant, Hamilton était un "petit" gars d’un mètre 72. Une seconde après, il mesure 5 mètres (le pied !). (C'est la vie !)

Ou encore : à la recherche d’un volant qu’il n’atteindra jamais, dans un de ces matches de badminton pitoyablement mauvais dont lui seul connaît la configuration (il fait ce qu’il peut, le bougre !), Hamilton s’écroule, terrassé par une crise cardiaque foudroyante (à 31 ans, quand le cœur lâche, ça ne pardonne pas). (C'est la vie !)

Ou encore : essayant d’installer un piège à base de pointes acérées en acier trempé sortant du sol (sa grande obsession du moment), enclenché par un mécanisme par trop complexe dont il croit avoir le secret, Hamilton se fait gravement déchiqueter par sa propre invention. Ses membres ensanglantés, comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle. (C'est la vie !)

Ou enfin : Hamilton, pour faire le malin devant ses copains, tente d’assembler manuellement une masse critique de plutonium en la contrôlant avec deux demi-sphères de béryllium qu’il retient à l’aide d’un vieux tournevis rouillé, mais sa main dérape. (Il est très maladroit.) Un rayonnement bleu de mauvais augure se dégage dans la pièce et le pauvre Hamilton se prend d’un seul coup 14,64 sieverts dans la gueule. Il meurt quatre heures plus tard au CHU Saint-Pierre à Bruxelles, sous le regard amusé de médecins forcément sadiques, la majeure partie de ses organes liquéfiés. Miam miam miam, it’s delicious ! (C'est la vie !)

Bref.

Tout ça pour dire qu’il vaudrait mieux que je fasse mon testament avant de mourir.
Parce qu’après, c’est trop tard, hein (bah oui !).
Et quoi de mieux qu’un blog pour écrire ce genre de choses ? C’est gratuit (j’emmerde les notaires !) et tout le monde peut lire mes dernières volontés, sans aucune possibilité de falsification…

En fait, ce n’est pas vrai du tout.

Léandra possède les droits d’administration de ce blog. Je l’imagine, après ma mort, changer l’entièreté de mon testament, juste pour rire un bon coup, avec des phrases du style : "Je veux que tout le monde s’habille en tutu et chante le fabuleux "Tirelipimpon sur le Chiwawa" de Carlos" ou encore "Je veux qu’on lise l’entièreté de la Première épître aux Corinthiens, dont les fidèles recommandations ont déposé sur le chemin de ma vie tant de joie et de bonheur christique. Amen.", ou enfin : "Je veux que passe en boucle l’intégrale de Queen au funérarium !". L’horreur suprême... Même mort, je ne m’en remettrais pas.

Léandra, si tu fais ça, je te tue !
(Ah bah non, je ne pourrai pas, vu que je serai mort.)
(Punaise, c’est bien ennuyant quand même, toute cette histoire de mortalité.)

Bref.

Voilà donc, en huit (prononcez wouite, en belge) points, mon testament.
Je ne supporte pas donner des ordres (ni en recevoir), mais je ferai une exception.
J’en ai le droit, car je suis mort. Les morts ont tous les droits, ces cons.

Ce que je dis ci-dessous est sérieux.
Testament

1. Je veux le cercueil le moins cher. La bête boîte en sapin, quoi. (Jusque là, ce n’est pas trop compliqué.)

2. Je veux être incinéré. Peu importe où. Et je veux l’urne la moins chère (un Tupperwareferait amplement l’affaire, mais il paraît que c’est interdit).

3. Ni fleur, ni couronne, ni souvenir, ni médaille. Comme l’a écrit le vieux Charles, qui n’a pas dit que des conneries, "si l’une quelconque m’était décernée, ce serait en violation de mes dernières volontés". Gardez plutôt l’argent pour boire un Orval – ou une camomille – après la cérémonie.

4. Aucun discours débile sur "le bateau du souvenir" ou ce genre de références nunuches à deux francs cinquante (je me souviens encore très bien de l’incinération de mon grand-père et de cette très bête dame récitant tout son bla-bla ridicule). À plus forte raison encore : aucun discours religieux. Si des amis veulent prendre la parole, je leur fait confiance (de toute façon, je n’ai pas trop le choix) pour faire un beau discours humaniste.

5. Aucun symbole (même laïque), aucun drapeau (même noir), aucun rituel autre qu’une éventuelle simple prise de parole.

6. Aucune personne que je n’aime pas et/ou qui ne m’aime pas (elles auront, j’espère, le bon goût de se reconnaître) durant la cérémonie. Je préfère que cette dernière réunisse seize amis (ils se reconnaîtront, eux aussi) et les quelques membres de ma famille proche que j’estime plus que tout plutôt que 200 individus qui n’en n’ont rien à battre et qui seront juste là pour bouffer les répugnants petits sandwiches à l’américain servis durant la crémation.

7. Les musiques à placer durant la cérémonie sont les suivantes :
- "Grand Dark Feeling of Emptiness" de Bonnie 'Prince' Billy ;
- "Movie (Never Made)" de Silver Mt. Zion ;
- "Washer" de Slint.

8. Si, pour une raison ou pour une autre, ces préceptes n’étaient pas respectés, en tout ou en partie, soyez maudits jusque la septième génération ! Pfff, non, je rigole : en fait, je ne serai plus que du néant, donc ce n'est vraiment pas du tout important.

mardi 5 avril 2011

[HUMEUR] Comment je me suis disputée

 

Tiens, j'ai appris qu'un ancien copain d'université qui ne m'adresse plus la parole lit régulièrement ce blog (enfin, régulièrement, c'est beaucoup dire, vu le peu de zèle dont Hamilton et moi faisons preuve pour alimenter ces pages ces temps-ci - toutes nos excuses, on a d'autres trucs en tête : lui, ses nains, moi, bah l'amour).

Je lui fais donc coucou au passage. Hello, Hijame.

J'ai tendance à me disputer avec les gens. Avec les hommes. Vraiment, je ne sais pas pourquoi, mais je suis douée pour ça. J'arrive à m'embrouiller sur des malentendus, puis à faire enfler le truc (n'y voyez aucune allusion salace) jusqu'à des proportions démesurées.

La première fois, j'avais 14 ans. Le type s'appelait Samuel.

Il était arrivé dans ma classe quelques mois après la rentrée. Il m'a tout de suite beaucoup plu. Il avait une gueule d'ange, mais c'était un petit dur (toujours sans allusion salace). On est devenus très bons copains, on passait pas mal de temps ensemble. C'était assez improbable, moi la bonne élève, et lui le cancre, avec ses cheveux pleins de gel. Je lui faisais ses devoirs, je le laissais tricher aux interros. Il en profitait un peu mais c'était bon enfant. 

Déjà à l'époque, je tombais facilement amoureuse. Et c'est là que pour la première fois est apparue dans ma caboche l'idée fixe saugrenue, que dis-je la certitude, qu'il fallait absolument le montrer de façon très spectaculaire. Il n'a pas aimé ça du tout, le gamin. Passe encore d'être l'ami d'une intello, mais assumer mes déclarations loufoques (je ne me souviens plus des détails, mais j'en ai fait des belles), c'était trop pour lui. Il a réagi comme un petit con, comme on réagit à 14 ans. Il a été méchant, moqueur, j'ai beaucoup pleuré (comme on pleure à 14 ans) et la brouille a duré des années.

(Aujourd'hui, le petit Samuel est sous-chef de gare. Il m'a vendu un ticket de train un jour que je rentrais de chez mes parents. On s'est salués cordialement. Il m'a même invitée sur Facebook, pas gêné de barboter avec sa copine dans la piscine sur sa photo de profil. Mais bizarrement, il m'a virée de ses amis au bout d'une petite semaine. Je crois que la mémoire lui est revenue…).

Après lui, il y a eu Grégory (une histoire très différente, les rôles étaient plus ou moins inversés, il m'a même écrit un poème, mais il a aussi fini par me prendre pour une folle furieuse et par me fuir comme la peste). A l'unif, il faut évidemment évoquer l'affaire FBSR, qui m'a valu plein d'ennemis (dont le garçon dont je parlais au début de ce texte). Puis y a eu Alex, dont le GSM a toujours, je crois, mon nom en bonne place dans la liste des indésirables.

Avec mon dernier petit ami, ça a aussi failli définitivement mal tourner, mais on a rattrapé le coup in extremis (je n'en reviens toujours pas - peut-être que je m'assagis ?).

Et encore, là, je ne parle que de ceux avec qui il y avait un enjeu plus ou moins sentimental…

Il y a aussi les types que je déteste par principe. Leur tronche ne me revient pas, alors je me fous d'eux très ouvertement. Ce sont souvent des gros types bien sûrs d'eux, avec une voix irritante. Je leur tirerais bien la langue si ce n'était pas si mal élevé. A force, ils finissent quand même par s'en rendre compte. Et je m'en fais des ennemis pour la vie, youpie !

Même avec mes amis je me dispute parfois. Pour des broutilles, ou pour des raisons plus ou moins fondamentales. Ça fait toujours un peu mal, ces brouilles.

Il y a peu, je me suis fâchée avec un nouvel ami, en qui j'avais mis beaucoup d'espérances. Un gars beaucoup plus jeune, bourré de talent. Adorable. Si je dis "un mélange d'ange et de démon", tout le monde le reconnaîtra, et il n'aimera pas ça. Oh, tant pis... On s'est écrit des choses assez hallucinantes, des pages et des pages. J'avais rarement eu l'occasion d'aller aussi loin dans le fond des choses d'une dispute (ce garçon est décidément à la hauteur, je ne m'étais pas trompée).

On est plus ou moins réconciliés maintenant, mais y a quand même un petit truc cassé. C'est la vie, comme dirait le pion d'Hamilton (avec qui je ne dispute jamais, sauf pour des questions existentielles, comme par exemple savoir s'il est grave ou pas de faire croire à un enfant qu'on l'abandonne au bord de l'autoroute pour le calmer quand il fait la foire dans l'auto sur le chemin des vacances - Hamilton et moi n'avons ni l'un ni l'autre de voiture).

On ne se refait pas (oui, j'adore cette expression).

Et avec tout ça, je n'ai même pas vu ce film (qui est quand même fort, fort prétentieux)…

mercredi 23 mars 2011

[SANTÉ] Et TOC !


Tous mes amis savent plus ou moins que j’ai souffert – et souffre d’ailleurs encore sous une forme beaucoup plus larvée – de troubles obsessionnels compulsifs : les fameux TOC. Je n’ai aucune idée de leur origine et ne sais pas plus pourquoi certains disparurent presque du jour au lendemain (sans doute un psychiatre me serait-il d’une aide quelconque dans la compréhension du phénomène, mais peu importe). Ce que je sais par contre très bien, c’est quelle était leur nature et dans quel périmètre de ma vie ils s’exerçaient.

Il y en avait de plusieurs sortes.
C’est très amusant aujourd’hui de les lister, surtout après avoir été consulter une liste des symptômes que l’on relève généralement chez les "TOCqués" (si vous me permettez l’expression) et après s’être rendu compte que je rentre totalement à l’intérieur de certaines descriptions et pas du tout dans d’autres.

Vous allez voir, c’est poilant !
Enfin, poilant, ça dépend pour qui.
Sans doute le jeune Hamilton trouvait-il la chose beaucoup moins "poilante" quand, après avoir touché 32 fois (c’est un nombre exact et pas du tout une estimation) la clé de la porte de sa chambre avant de dormir, l’anneau de ladite clé avait fait une subtile rotation d’un degré vers la droite ou vers la gauche et n’était donc du coup plus du tout parallèle au sol, forçant le pauvre adolescent à tout recommencer, dans un soupir intérieur crispé.

Je vous rassure, je ne fais plus ça désormais.
Il ne me reste plus que quelques simples reliquats du mal : une manie persistante liée aux chiffres 8 et 6, quelques TOC de vérification sans gravité ainsi que des envies ponctuelles de symétrie et de lancer de chats.
Rien de comparable à ce que je subissais quand j’avais quatorze ans, ni même vingt.

Dans les émissions traitant des TOC (ce genre d’émission revient de manière cyclique à la TV : ça fait toujours bien rire les téléspectateurs – enfin, surtout ceux qui n'ont pas de TOC), on est souvent confronté au cas du personnage atteint d’une forme sévère du TOC de propreté. Il se nettoie constamment les mains. Pour fermer le robinet, il doit utiliser ses mains, donc forcément les (re)salir… Chaîne sans fin qui le pousse à utiliser ses coudes pour couper l’eau et ainsi garder ses mains immaculées. Je n’ai jamais souffert d’un pareil truc. J’adore être propre, mais ça n’a jamais été une obsession au point de me laver tous les quarts d’heure... Enfin, j’aime bien être propre quand même. Mais bon...

Bref.

Je suis plus proche d’un autre cas d’école, que vous connaissez sans doute déjà : celui, ultra-classique, du gars qui va vérifier constamment que sa porte est bien fermée. Une fois éloigné de celle-ci, même s’il est certain qu’il vient de faire à plusieurs reprises le geste de vérification consistant à tourner la clé jusque dans ses derniers retranchements, il repartira quand même vérifier que sa porte est bien fermée. J’ai eu ce TOC, à différents moments de ma vie, pour les portes d’entrée, les prises électriques, l’eau, le gaz et les sources de chaleur. Étudiant, si je me faisais un café, je devais constamment vérifier que j’avais éteint le percolateur, que j’avais débranché la prise et que plus rien ne chauffait. Comprenez bien : je n’étais pas débile au point de croire que le perco avait la moindre chance d’être encore allumé. C’était rationnellement impossible. Mais je le faisais quand même. Quand une prise électrique devait absolument rester branchée (une horreur à mes yeux, mais c’était indispensable pour des objets comme l’ordinateur ou le frigo), je poussais la prise mâle de toutes mes forces pour être certain que ses broches étaient bien insérées dans son équivalent femelle (peut-être était-ce dû à un désordre sexuel sous-jacent ? Naaaaan...). Évidemment qu’elles l’étaient, c’était une prise électrique.

Vous allez me dire : "Bah, oui, beaucoup de gens ont ça, c’est très léger". Peut-être, mais à ces multiples TOC de vérification, somme toute assez banals, étaient juxtaposés non seulement un TOC de symétrie mais aussi une certaine forme d’arithmomanie.

En fait, ces trois TOC différents se confondaient en un TOC unique…
Vous allez voir, c’est poilant !
Enfin, poilant, ça dépend pour qui.

On va commencer avec deux exemples de symétrie. Quand je vivais chez mes parents, le sol de ma chambre était en parquet. Avant de dormir, il fallait que mes pantoufles soient parfaitement alignées aux lignes du parquet et qu’elles soient coupées exactement en leur milieu par une de ces lignes. Le livre ou la BD que je lisais devaient être alignés exactement de la même manière. En fait, tout objet posé au pied de mon lit devait respecter un ordre, une symétrie. Comme ceci :


Quand à la porte de ma chambre, il fallait que l’anneau de la clé qui se trouvait dans la serrure (qui ne servait à rien vu que je ne fermais pas ma chambre à clé) soit parallèle au sol. Quand je dis "parallèle", ce n’est pas "plus ou moins parallèle" : c’est exactement parallèle. C’est quelque chose qui est difficilement vérifiable, mais que je prenais le temps de vérifier chaque soir, en prenant différents angles de vue. Si l’anneau était perpendiculaire, ça n’allait pas car la clé (une vieille clé de porte) avait tendance à pencher un peu, comme si elle allait tomber. Si l’anneau n’était pas droit, je ne pouvais pas dormir du tout (parfois je rallumais la lumière pour vérifier – ce qui avait une autre conséquence, comme vous allez le voir plus loin).


C’était comme ça pour beaucoup de chose, mais pas pour tout. Certains objets pouvaient être en désordre le plus total sans que ça ne me fasse souffrir le moins du monde. Aujourd’hui, quand j’aligne (parfois pour faire rire mes amis, parfois de manière totalement inconsciente, ce qui est plus inquiétant) des objets sur une table, c’est du même ordre et ça vient de là.

Quant à l’arithmomanie, c’est un peu différent : en gros, ça consiste à faire des calculs inutiles mais néanmoins indispensables. Dans sa forme sévère, l’arithmomane va compter tout ce qui lui passe sous les yeux mais aussi faire une série de calculs sans intérêt pratique immédiat. Du genre compter le nombre de marches qu’il y a avant d’arriver en haut de Mont Hua (arithmomanie extérieure, qui joue sur l’environnement). Ou compter les lettres de certains mots (ma mère est comme ça : vous lui dites un mot et elle est capable de vous sortir très rapidement le nombre de lettres qu’il contient). Ou encore faire des équations mentales (arithmomanie intérieure). Ou encore compter le nombre de scouts composant un wagon.

Pour ma part, à ce niveau, mon gros problème était un problème de chiffres et de comptage. Je ne voulais pas (et ne veux toujours pas dans certains cas) entendre parler du chiffre 6. À l’inverse, je voulais constamment placer le chiffre 8 dans tout. J’ai eu aussi une phase "Je divise un nombre par deux le plus loin possible" mais je l’ai rapidement maîtrisée, celle-là...

Alors que les chiffres 8 et 6, c’est une autre histoire.
Vous allez voir, c’est poilant.
Enfin, poilant, ça dépend pour qui.

Le principe de mon arithmomanie personnelle est somme toute très simple (pourtant, de nombreuses personnes me prennent pour un taré quand je leur explique) : tout doit aller par 8 mais jamais par 6. 8, 16, 32, 40, etc. sont de très beaux nombres, mais pas 24 ni 48 car, malgré le fait qu’ils sont des multiples de 8, ils sont également multiples de 6 ! Les nombres 12, 18, 24, 30, 36, etc. sont forcément également à bannir.

Là où ça devenait un joyeux bordel, c’est quand ce TOC se mélangeait aux autres. Quand je mettais mes pantoufles parallèles au parquet, au pied de mon lit, il fallait que je les touche 8 fois... Si je n’étais pas certain du compte, je devais aller jusqu’à 16, puis 32, etc. Idem pour la clé de la porte de ma chambre : je devais la toucher 8 fois après l’avoir mise bien parallèle (avec la question existentielle : "Vu que je l’ai déjà touchée pour la mettre droite, est-ce que je dois la toucher seulement 7 fois ou bien je recommence à 0 ?"). Si je rallumais la lampe la nuit pour faire une vérification, je devais l’allumer et l’éteindre 8 fois de suite. Si j’avais un doute sur l’enfoncement d’une prise, je devais la toucher 8 fois. Il fut un temps où je comptais tout par huit, où je ne pouvais arrêter la lecture d’un livre qu’à une page multiple de 8 et non de 6, etc. C’est encore le cas maintenant, d’ailleurs, où je ne tiens pas compte des chapitres pour arrêter une lecture, mais seulement du numéro de page.

J’avais également un système de comptage par 8 pour les heures de réveil. Je pouvais me réveiller à 6h16 (oui, oui) parce que 6x60 minutes + 16 minutes font 376 minutes, soit un multiple de 8 et mais pas de 6. Ou bien à 7h44 car cela faisait 464 minutes, encore un multiple de 8 et non de 6. Il était hors de question de me lever à 8h42 par exemple... Mais c’était très simple à gérer,  en fait : aux heures paires, je ne pouvais me lever qu’à l’heure plus 8, 16, 32, 40 ou 56 minutes. À l’heure impaire, à l’heure plus 4, 20, 28, 44 ou 52 minutes. Quand je dis "j’avais", je mens un peu, voire beaucoup. Actuellement, la semaine, mon premier réveil sonne à 6h32 et le second à 6h56. Hem, et quand je m’en vais d'une soirée, la plupart du temps, je regarde si, à tout le moins, nous ne sommes pas dans le cas d'un multiple de 6. Tout ceci est expliqué dans le schéma ci-dessous :


Aujourd’hui, tout ça est un peu passé...
Sauf pour les heures.
Et pour le comptage de certaines choses.
Et pour la symétrie.
Et pour la fermeture de certains trucs.
D’ailleurs, est-ce que j’ai bien éteint la lampe de ma salle de bain ce matin ?
Mieux vaut en rire.

dimanche 20 mars 2011

[JEU] Ces jeux PC qui ont changé ma vie… Retour sur 25 ans de passion vidéoludique - Chapitre I : Introduction générale


Voilà plus d'un mois que je ne t'ai plus donné signe de vie (du moins sur ce blog), pour une raison qui tient presque à un seul événement : la découverte d’un jeu vidéo fan-ta-sti-que. Et comme toutes les fois que je découvre un jeu vidéo fantastique, je m’isole et utilise la majeure partie de mon temps libre pour y jouer.

"Dwarf Fortress" : construction d'un quartier
résidentiel tout confort pour nains de la Plèbe.
Le jeu sur lequel je passe beaucoup de temps pour le moment s’appelle "Dwarf Fortress". C’est un jeu splendide, vraiment. Certainement pas du point de vue esthétique (le jeu est moche comme un pou sur le crane chauve d’un nain, et je pèse mes mots !), ni de la facilité d’accès (il faut vraiment s’accrocher, avec toutes ces commandes au clavier et tous ces sous-sous-menus de psychopathe). Il est splendide sur le plan de la gestion d’ensemble d’un univers. Une création de grand malade qui prend tout en compte.

Bon, là, je montre ledit jeu à Léandra (nous sommes sur nos ordinateurs respectifs dans un café de notre quartier, pauvre de nous !) – en l’occurrence je lui montre un nain construisant des fortifications sur le dernier étage d’une tour de garde surplombant l’entrée principale de ma mine – et elle me dit : "Il faut quand même une grande capacité d’abstraction". Léandra n’aime pas trop les jeux, hein...

Mais je te parlerai de "Dwarf Fortress" une autre fois.
Là, j’écris l’introduction d’une série d’articles.
Une série d’articles sur les jeux PC.
Au départ, je ne voulais en faire qu’un seul (d'article) mais le tout risquait (encore) d'être totalement indigeste pour toi (déjà comme ça, il risque de l'être un tantinet).
Hem.

*
*   *

La magie d’un jeu vidéo est vraiment quelque chose d’impalpable (comme le sucre, en Belgique) et d’indéfinissable. Elle n’a parfois, voire souvent, strictement aucun rapport avec son esthétique : certains jeux sont graphiquement répugnants de prime abord (comme le premier "Civilization" de Sid Meyer ou le susnommé "Dwarf Fortress") mais procurent néanmoins des journées entières de découverte et de plaisir. À l’inverse, certains jeux sont de pures merveilles graphiques tout en étant linéaires, ennuyants, plats, vides, fades...

"Monkey Island II" (1991) : le jeu d'aventure
qui possède la fin la plus bizarre et la
plus extraordinaire du Monde du jeu vidéo.
Certains des plus beaux jeux vidéo sont liés à une création personnelle forte, à un coup d’éclat, une vision. Parfois, c’est le projet d’un homme seul, comme le mythique "Another World" d’Éric Chahi – difficile à croire, aujourd’hui encore, que c’est un homme totalement isolé qui est à l’origine de ce jeu ! – ou le beaucoup plus récent et très beau "Braid" de Jonathan Blow – qui révolutionne le jeu de plate-forme en intégrant une nouvelle donnée : le temps. Parfois, c’est le projet d’une petite équipe de génies, comme le fabuleux et unique "Dune" (premier du nom) de Cryo, dont je reparlerai très bientôt. Un jeu, c’est très personnel, l’air de rien, un peu comme une œuvre d’art. Même lorsqu’une grosse équipe est mise en œuvre pour réaliser un jeu vidéo, ça reste souvent très personnel (les deux premiers opus de "Monkey Island", signés Ron Gilbert, avec derrière lui la super-production LucasFilm/LucasArts, en sont peut-être le meilleur exemple).

Bref.

Tout ça pour dire que je n’ai pas encore abordé dans ce blog ma passion pour les jeux PC. J’ai pourtant vécu de nombreuses semaines, de nombreux mois – que dis-je "de nombreux mois" ? – de nombreuses années sur des jeux PC. À tel point que, quand j’étais adolescent, ma vie en dehors de l’école se résumait à lire de la science-fiction et à jouer à l’ordinateur. No sex, no drugs, no rock and roll. Seulement des livres et des jeux. La situation n'a d'ailleurs pas beaucoup changé.

L'Atari 2600.
Mon tout premier souvenir de jeux vidéo est un peu perdu dans les brumes du temps. Je pense que je devais avoir entre 6 et 7 ans. À l’époque, je n’avais pas encore d’ordinateur mais j’avais accès à l’antique console de jeu de mes cousins plus âgés, la mythique Atari 2600 (premier modèle), avec des séries pourries mais néanmoins fameuses telles que "Combat" (un jeu de tanks et d’avions tellement pixélisé qu’il fallait presque imaginer le tank), "Pong" (un jeu de ping pong minimaliste) ou encore le très connu "Asteroids".

"Sram". Oui, c'est un peu simpliste
mais ça date de 1987, hein !
Aux alentours de mes huit ans, mon père acheta le premier ordinateur familial, un Commodore PC-10, un des fameux et nombreux PC "compatibles IBM", avec ses deux lecteurs de disquettes 5 pouces ¼, son écran CGA et son absence totale de disque dur (il fallait charger les jeux et les logiciels dans la "mémoire vive" depuis une ou plusieurs disquettes souples : ça prenait beaucoup de temps et ça faisait beaucoup de bruit). Je me souviens avoir passé de nombreuses heures sur "Lode Runner" de Brøderbund Software (un jeu de plate-forme qui consistait à échapper à ses adversaires en montant des escaliers et en creusant des trous dans le sol), "Popcorn" (un casse-brique gratuit et bien foutu – en fait, je ne me souviens pas avoir jamais trouvé mieux dans le genre) ou encore "Sram" (un jeu où tout se faisait par actions écrites au clavier, du style "Monter dans l’arbre", "Traverser la cascade", "Lire le dolmen", "Remplir la gourde", etc.). Des jeux parmi tant d’autres… C’était avant Windows 3.1. C’était l’époque du MS-DOS à lignes de commande et du langage GW-Basic, qui était vraiment basique.

Un peu plus tard, au début des années 90, les ordinateurs avaient déjà bien évolué par rapport à mon antique Commodore... Lors de ma fête laïque (l’équivalent – tout aussi nunuche – de la communion mais pour les non-croyants) à douze ans et quelques mois, je reçus une médaille ridicule et assez d’argent pour m’acheter la machine de guerre de l’époque : un 386, avec écran super VGA (256 couleurs s’il vous plaît !) et un vrai disque dur tout neuf de quelques centaines de mégaoctets (oui, oui, on parlait de mégaoctets à l’époque). 

C’est à mes yeux l’âge d’or pour les jeux vidéo PC. C'est à ce moment-là que j'ai découvert "Dune", le jeu puis le livre qui ont changé ma vie. Les ordinateurs avaient alors assez de puissance pour permettre beaucoup de choses, mais pas assez pour rendre les concepteurs fainéants en misant tout le gameplay sur les effets spéciaux. 


L'introduction du jeu "Dune" (1992). 
Rien que de la revoir, ça me redonne des frissons.

*
*    *

Voilà ! Durant les mois à venir à venir, de temps en temps, je viendrai  donc nourrir cette série d’articles avec des chroniques de jeux PC et j’expliquerai pourquoi je les aime tant. Je te préviens : si tu n’es pas fan, ça risque d’être d'un intérêt très limité, voire totalement sans intérêt !

Et je continuerai sans doute, en parallèle, de t'ennuyer avec des articles  faisant l'éloge des araignées ou reprenant les règles du concours de lancer de chats ou encore vantant les mérites de la régulation des scouts dans les trains...

À bon entendeur !